Patients post-COVID : convergence sur les dernières études

Patients post-COVID : convergence sur les dernières études

Début juillet 2020 paraissait la première étude asiatique sur les résultats EFR (Exploration fonctionnelle respiratoire) de 110 patients sortant d’hospitalisation pour covid-19 à Canton. L’étude concluait sur l’importance de suivre ces patients amoindris à plus long terme. En ce début 2021, plusieurs études ont commencé à traiter le sujet en suivant les patients à 1 mois, 2 mois, 3 mois et 6 mois après l’apparition des symptômes. Le point sur les derniers résultats :

Mai 2020 → à 1 mois

En mai 2020, une étude française sur 50 patients hospitalisés à l’Hôpital Bichat, un mois après l’apparition des symptômes, paraît. Elle constate que plus de 50% d’entre eux présentent des résultats EFR anormaux, avec une DLCO (mesure de la diffusion de monoxyde de carbone) inférieure à la normale dans 26% des cas. L’étude évoque une possible évolution vers une fibrose pulmonaire pour ces patients. Elle souligne l’importance de suivre leurs résultats EFR sur le long terme.

→ Etude : Frija-Masson J, Debray M-P, Gilbert M, et al. Functional characteristics of patients with SARS-CoV-2 pneumonia at 30 days post-infection. Eur Respir J 2020; 56: 2001754

Juillet 2020 → à 2 mois

En juillet 2020, une équipe italienne constate que sur 143 patients hospitalisés interviewés 60 jours après le début des symptômes, seuls 13% déclarent ne plus souffrir d’aucun symptôme. 53% souffrent toujours de fatigue, 43% de dyspnée et 22% de douleurs thoraciques.

Symptômes persistants COVID-19

Le graphique montre les pourcentages de patients présentant des symptômes spécifiques liés à la COVID-19 pendant la phase aiguë de la maladie (à gauche) et au moment de la visite de suivi (à droite).

→ Etude : Angelo Carfì, MD; et al for the Gemelli Against COVID-19 Post-Acute Care Study Group. Persistent Symptoms in Patients After Acute COVID-19. JAMA. 2020;324(6):603-605. doi:10.1001/jama.2020.12603

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Octobre 2020 → à 3 mois

En octobre 2020, une équipe chilienne a repris l’étude française ainsi que six autres, pour comparer les résultats d’EFR sur 380 patients post-COVID. Bien qu’hétérogènes et parfois difficiles à comparer, ces travaux font apparaître une prévalence moyenne de 15% de profil restrictif (7% de profil obstructif) et de 39% d’altération de la capacité de diffusion.

COVID 19 : restrictif obstructif DLCO

Résultats obtenus sur 6 études concernant les prévalences des cas suivants : syndrome restrictif, syndrome obstructif, altération de la DLCO.

A noter : l’étude chinoise réalisée 3 mois après la sortie de l’Hôpital sur 55 patients ne montre plus qu’une prévalence de 16% pour l’altération de la DLCO. Ainsi, une fréquence d’un examen tous les trois mois semble adaptée.

→ Étude : Torres-Castro R, et al. Respiratory function in patients post-infection by COVID-19: a systematic review and meta-analysis Pulmonol. 2020.

 

Janvier 2021 → à 6 mois

Enfin, en janvier 2021, la même équipe chilienne publie un article sur l’impact négatif de la ventilation mécanique sur les muscles respiratoires (40% des patients) et l’importance de la rééducation multifonctionnelle.

→ Étude : Torres-Castro R, et al. Functional Limitations Post-COVID-19: A Comprehensive Assessment Strategy. Arch Broncopneumol.

 

Au 15 février 2021, plus de 235 000 patients sont sortis de l’Hôpital après avoir y été admis pour COVID-19 en France. S’y ajoutent les dizaines de milliers de patients symptomatiques restés dans leur EHPAD ou à leur domicile.

 

Par ailleurs, le Professeur Chantal Rahérison-Semjen précise lors d’une interview accordée à BFM TV : « Chaque patient qui a eu une forme grave du Covid devrait faire un bilan respiratoire entre quatre et six semaines après son épisode infectieux. Pour une forme plus bénigne, entre deux à trois mois après, si les symptômes sont là« .